Enfant, vie de maman

Comme un doudou

Il est 6h40. On est samedi matin. Au loin j’entends une petite voix qui m’appelle. « Maman… maman… maman… » Lancinante. Je ne bouge pas. Avec un peu de chance, il va se rendormir. C’est le week-end, on dort le week-end ! Je ne sais pas pourquoi, j’espère à chaque fois. Gustave ne s’est jamais rendormi le matin. Je donne un coup de coude à mon mari. « T’y vas ? » « Non. C’est toi » Comme tous les matins, il y a une courte paille invisible. Je dois reconnaître que le perdant n’est pas toujours le même. C’est déjà ça. Ce matin, c’est moi qui m’extirpe à grand peine de la chaleur de la couette.

« Gustave, c’est encore l’heure de faire dodo ! » Lui ne l’entend pas du tout ainsi. Debout dans son lit, il sautille, tout content de me voir. Il a enlevé sa gigoteuse. Si je n’ai pas de chance il a enlevé aussi son pantalon de pyjama. Et pour les matins qui partent mal, il enlève également la couche. Heureusement, ce matin il a tout gardé. Pantalon et couche. Je peux effectuer la translation directement. Je prends mon petit bonhomme pour le mettre dans notre lit. Au milieu de nous deux. Et je lui chuchote  » Rendors toi. Ce n’est pas encore l’heure de se lever »

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Il accepte de s’allonger. « Papa ? Maman ? » Il vérifie qu’on n’essaye pas de l’avoir, qu’on reste là, à ses côtés. Je lui promets qu’un matin de week-end, à 7h, nous n’avons aucune velléités de quitter notre lit. Alors il s’allonge, après avoir vérifié que son doudou est toujours dans sa petite main. Bien à l’abri.

C’est en général à ce moment que je sens son petit corps tout chaud tout contre moi. Gustave ne veut pas s’allonger entre nous, comme son frère et sa soeur le faisaient il n’y a pas si longtemps. Non. Gustave veut s’allonger sur moi. Je suis sur le dos et lui me fait un énorme câlin. Et je ne dois pas bouger. Même si j’ai mon nez dans ses cheveux ou un torticolis qui s’installe. Lui peut rester 20 bonnes minutes comme ça. Avec nos coeurs qui battent à l’unisson.

Jusqu’à ce que Alphonse et/ou Ernestine déboulent comme des tornades dans la chambre. Alors, tout de suite, Gustave se redresse. S’assoit sur le lit. Et dit de sa petite voix que je suis encore la seule à déchiffrer « Coucou Alphonse ! Coucou Enerstine ! Vous avez fait un gros dodo ? » Et là, il n’y a rien à faire. Il faut se lever. Il y a trois biberons à préparer.

Mes matins de we commencent toujours trop tôt. Mes fins de nuit sont toujours inconfortables. Mais je chéris ces moments privilégiés. Je sais qu’ils ne vont pas durer. Ceux où je sers mon fils dans mes bras comme lui sert son doudou.

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Humeur, Lecture

Auprès de moi toujours

La semaine dernière, j’ai fini un roman qui m’a bouleversé. En refermant le livre, les larmes ruisselaient, j’avais des sanglots dans la gorge. Littéralement. C’est rare un livre qui déclenche une telle émotion. Je ne sais pas s’il y a eu un précédent. S’il y a, je l’ai oublié en tout cas. C’est vous dire à quel point ce livre m’a bouleversé. Et m’a donné envie de m’insurger. Je sais que ce n’est que de la fiction, une horrible fiction, mais je n’ai pu empêcher mes pensées de dériver.

Le synopsis

Les repères temporels sont flous mais on se situe quelque part dans la deuxième moitié du XXème siècle. Il s’agit d’une uchronie : la médecine a fait une découverte majeure dans les années 1960 (ou 50 ?) qui permet de soigner les maladies jusque là incurables. L’idée est simple : avoir une réserve d’organes en permanence utilisable. Pour cela, il suffit d’élever des clones et leur prélever leurs organes vitaux quand ils sont dans la fleur de l’âge – aux alentours de 25 ans. Ils auront alors « terminé ». La narratrice, Kathy H, est l’un de ces clones. Elle se présente en quelques mots avant d’effectuer un flashback sur son enfance et son adolescence.

Quand on dit clone on pourrait penser à une foule d’individus identiques et interchangeables, complètement déshumanisés.

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Ce n’est évidemment pas le cas. La seule différence entre un enfant et un clone, c’est que l’enfant a un avenir. Au sortir de sa formation, le clone n’a plus qu’un passé. Ses organes vitaux seront prélevés les uns après les autres jusqu’à sa mort. Et cette différence fondamentale, seul le lecteur en a conscience. Pour les clones, ils sont élevés dans cette optique et c’est une vérité immuable. Il y a un passage que j’ai trouvé très juste, et transposable à l’envie :

« (…) les gardiens aient choisi avec beaucoup de soin, et de propos délibéré, le moment de nous dire chaque chose, de telle sorte que nous étions toujours un peu trop jeunes pour comprendre correctement l’information la plus récente. Mais, bien sûr, nous la saisissions à un certain niveau, et avant longtemps toutes ces données étaient rentrées dans notre tête sans que nous les ayons jamais vraiment examinées » (p.133)

De l’autre côté de la barrière, il y a les humains, les vrais. Ceux qui ont une famille et peuvent choisir un métier. Ceux-là sont très peu visibles dans le roman. Mais le lecteur comprend bien qu’il y a une chose très importante : ces derniers ne veulent surtout pas connaître de clones. Ils vivent dans l’illusion que ce sont des machines à guérir et ils ne voudraient surtout pas perdre cette illusion si confortable. Comment ne pas faire le lien avec l’esclavage ? Je suis convaincue qu’à l’époque où on prétendait que les noirs n’avaient pas d’âmes, certains se mettaient des œillères parce qu’autrement, ils n’auraient pas pu supporter l’idée de participer à l’esclavage et aux horreurs qui en découlaient. C’est tellement pratique de nier l’autre… Je ne me risquerai pas à une comparaison plus moderne, mais je suis convaincue qu’hélas, elle existe.

Un autre point que j’ai trouvé intéressant dans ce livre est le rapport à l’autre. Kathy H a une amie, qu’on pourrait même qualifier de meilleure amie : Ruth. Et c’est une vraie garce. Tout le long du roman, je m’énervais contre cette fille toxique en me demandant inlassablement mais pourquoi diable Kathy ne s’affranchit-elle pas de cette amitié destructrice ? Et en y réfléchissant je me suis demandée : sans guide, sans modèle, comment savoir que c’est une amitié toxique ? Parfois, il nous faut des années pour ce rendre compte que celui-là est un pervers narcissique, que celle-là ne nous apporte aucun bien… alors que nous avons été élevés par des parents « qui savent ». Sans repère, comment s’en sortir ? Et, en tant que maman, comment repérer ces amitiés qui peuvent blesser mes enfants ? C’est, depuis cette lecture, un sujet qui me travaille : où se situe la frontière entre laisser mon enfant vivre ses expériences et le/la (re)cadrer ?

Et puis enfin, ce livre m’a donné envie d’écrire. Vous savez comme ces fans qui écrivent des histoires pour leur héros, pour continuer à les faire vivre, même quand la saga est terminée. Je ne le ferai pas. Je n’ai ni le temps ni le talent. Mais, définitivement, je n’aime pas les anti-héros. J’aurais voulu que Kathy H se rebelle. Qu’elle mette à mal cette société hypocrite. Qu’elle essaye de vivre. Je me disais, ça serait tellement simple : elle va dans un pub et sympathise avec des jeunes qui ont un avenir. Ils lui permettraient de comprendre qu’elle a le droit de prétendre à mieux, et elle leur montrerait qu’elle est bien plus qu’une réserve d’organes. Mais, pour se rebeller, pour faire le premier pas encore faut-il avoir conscience de l’injustice, non ?

Quant à savoir pourquoi j’ai trouvé la fin si triste, je te donne les références du livre et du film qu’il a engendré 🙂

  • Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro
  • Never let me go de Mark Romanek avec Carey Mulligan, Keira Knightley et Andrew Garfield

 

 

 

 

alphonse, Enfant

[Alphonse] 5 ans et demi

Je triche un peu puisque mon petit garçon a eu 5 ans et demi en juillet. Mais le temps file et je ne veux pas tout oublier. Il y a un an et demi, l’annonce de son cancer nous a fait quitter toute insouciance. La peur du lendemain est maintenant omniprésente. Ses difficultés motrices se rappellent à lui chaque jour, le mettant un peu à l’écart de ses camarades. Cependant il est avant tout un petit garçon qui grandit, se construit et nous émerveille. Il nous émerveille peut-être même davantage qu’un petit garçon ordinaire : il revient de tellement loin !

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Si je ne devais retenir qu’un adjectif pour toi, je prendrais celui que tous les adultes qui t’ont côtoyés, tous !, ont utilisé : volontaire. Non seulement tu sais ce que tu veux mais tu sais très bien le dire. Je te vois rarement hésiter. Changer d’avis, bien sûr. Ne pas savoir, jamais ! Tu veux courir. Tu veux chanter. Tu veux dessiner. Tu veux lire des histoires. Tu veux rire. Tu veux vivre, tout simplement. Et c’est un bonheur quotidien que de te voir réinvestir si pleinement cette vie qui a failli te quitter. Tu fais des choses qui nous semblaient impensables il n’y a que quelques mois. Faire la courses en trottinette, dessiner le petit chaperon rouge (certes, ce dernier ressemble plutôt à walking dead !) …

C’est aussi un réel plaisir que d’assister à la construction de ton raisonnement. Ta pensée devient élaborée. Tu utilises ta mémoire pour confronter nos faits et dires – et parfois relever nos contradictions (« mais maman, c’est le soir. Pourquoi tu mets ton manteau ? Le soir, on reste à la maison ! ») Il y a quelques mois, un an peut-être, l’humour a fait une entrée fracassante dans ta vie. Tu aimes faire des blagues. Et plus que tout, te tromper juste pour observer la réaction de la maîtresse.

Tu restes un petit garçon très câlin qui a régulièrement besoin d’être rassuré. Volontaire, blagueur mais également très sensible, qui manque un peu de confiance en toi. Nous t’encourageons comme nous pouvons et chaque étape de franchie est une petite victoire. En septembre, les maîtres et ATSEM t’ont trouvé transformé par les vacances. Il n’y avait pourtant eu aucune révolution d’un point de vue moteur. En revanche, pendant les 2 mois de l’été, tu avais pris conscience que tu pouvais faire bien plus de chose que tu ne le pensais. Naturellement, tu marchais donc plus droit, avec un pas un peu plus assuré. Quel plaisir !

Cet été tu es parti pour la première fois en colonie de vacances pendant cinq jours. Passé l’angoisse de la séparation, bien plus présente chez moi que chez toi, tu as passé une superbe semaine à profiter de la campagne, à vivre dehors et à aller te baigner. Tu as charmé toutes les monos dont tu étais le chouchou, les bluffant régulièrement (« mais non, la lune c’est pas une étoile ! C’est un satellite ! » tu sais ça, toi ?!) (en vrai tu ne le sais pas bien sûr, tu as juste répété ce que tu as entendu) (mais tu l’as répété à bon escient et ça les a scié. Tellement que c’est une des premières choses qu’elles nous ont raconté quand on est venus te chercher)

Tu as également profité de la mer et de la plage – dont tu raffoles. Tu as vu ton premier coucher de soleil (« maman, le soleil il s’est couché mais il ne s’est pas brossé les dents ! ») Et nous t’avons emmené visité quelques châteaux de la Loire. On vous a fait des espèces de visites guidées en y incorporant le plus possible de princesses et de chevaliers. Avec Ernestine, vous avez tous les deux adoré. Et une des première chose qui vous a marqué dans ces châteaux, c’est la taille des cheminées : « le père noël n’a pas de problème pour passer tellement ces cheminées sont grandes ! » Maintenant, dès qu’on voit un château au loin tu nous demandes d’aller le visiter. Malheureusement pour toi, nous habitons loin de la Loire !

Ta rentrée à l’école s’est très bien passée. A l’occasion des vacances scolaires j’ai pu regarder ton travail. Et je suis si fière de toi ! Tu as récité ta toute première poésie. Tes dessins sont de mieux en mieux structurés. J’ignore quand tu liras mais les bases sont posées, on les voit. Ta maîtresse a l’air bien. Tu as « couru » ton premier cross à l’aide de ton papa. 400m ce n’est pas grand chose. Mais je sais que pour toi, c’est déjà énorme. Et quelle joie de voir cette fierté briller dans tes yeux.

Régulièrement, tu caresses la tête de ton petit frère en lui murmurant « je t’aime Gustave » et puis tu me regardes droit dans les yeux « maman, mon petit frère je l’aime beaucoup ».

Bref tu as cinq et demi. Plus tout petit mais pas encore grand. Et, surtout, tu es heureux !

alphonse, Lecture, mot d'enfant

Dis, maman… ?

Aujourd’hui je vous propose un article court et très léger. Mais je trouve l’anecdote si belle que je ne veux pas l’oublier.

Je ne sais pas si vous connaissez Archibald, ce petit garçon si mignon né de la plume et du pinceau d’Astrid Desbordes et Pauline Martin. C’est un petit blondinet de 4 ans environ auquel six albums lui sont consacrés.

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Nous en avons trois chez nous et Alphonse et Ernestine les aiment beaucoup. Et moi aussi. Entre autre, nous avons mon amour qui commence comme ça :

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ça commence à faire un bout de temps que nous ne l’avons pas lu (un mois peut-être ?) (il faut avouer que nous avons beaucoup de livres chez nous !)

Et pourtant, il y a quelque jour, Alphonse m’a rappelée alors qu’il était couché et devait s’endormir. Je vais le voir en traînant les pieds. Il est tard. Moi aussi je suis fatiguée. Je voudrais que les enfants me laissent une heure ou deux tranquille avant que je me couche.

Alors je reste sur le pas de la porte. Je demande à Alphonse, excédée, ce qu’il a / ce qu’il veut. Caché sous la couette, à l’autre extrémité de la chambre et dans la pénombre, je le vois à peine. Et là, j’entends sa petite voix si mignonne :

Dis, maman, est-ce que tu m’aimeras toute la vie ? Tu me dis un secret ?

Mon cœur de maman se liquéfie. Je m’approche pour lui répondre et lui faire un gros câlin. Et je vois son sourire. Ses yeux qui pétillent. Il n’a pas besoin d’être rassuré. Il aime m’entendre lui dire la même chose que la maman d’Archibald mais il ne doute pas une seconde de ma réponse.

Je m’apprête à repartir quand brusquement il m’arrête.

Attends maman ! Tu ne m’as pas dit à quoi penser !

Alors, comme tous les soirs, je lui dis de fermer les yeux et de repenser au meilleur moment de sa journée. De cette façon, c’est sûr, il ne pourra faire que de beaux rêves.

 

Humeur

La vingtaine

Quatre enfants m’a fait découvrir il y a quelques mois déjà le vaste univers des podcasts. J’y suis rentrée comme dans le blogging : en dilettante. Et j’ai beaucoup aimé le concept. J’alterne entre des périodes de boulimie où dès que j’ai 5 minutes, je vais reprendre le podcast en cours d’écoute, et des périodes où je mets mes oreilles au repos. Toujours est-il que je prends beaucoup de plaisir à écouter la Poudre. Et donc me voilà un soir dans le métro à écouter le dernier épisode, celui de Jeanne Added. Cette nana est une auteur-compositeur-interprète qui a déjà plusieurs années de carrière. Je n’ai pas encore pris le temps d’écouter sa musique, mais elle a dit quelque chose qui m’a marqué. Je prends la liberté de reformuler (et peut-être dénaturer son propos) : la période de la vingtaine est une période de mutation.

Là, je l’avoue, j’ai bugué. Et j’ai tout de suite pensé « Mais bien sûr, quelle évidence ! » Oui, effectivement, aucun scoop. N’est-ce pas ?! Cependant, j’ai pris le temps de réfléchir à tout le chemin que j’avais parcouru en une décennie. Je l’ai trouvé particulièrement ardu.

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On parle souvent de l’adolescence comme étant un période charnière. Celle où l’on se sent mal dans son corps, dans sa tête et c’est normal. Celle où l’on veut tester, tenter, oser. Celle où il est tellement facile de se brûler les ailes, de décrocher, de se planter. Alors, oui, le corps se transforme. La pensée mûrit. L’adulte se dessine. Mais la majorité d’entre nous, à vingts ans, sont encore des gamins. Ils peuvent voter. Conduire une voiture. Acheter de l’alcool. Aller en prison… Bref aux yeux de la loi, ils sont adultes. Mais, dans mon cas, je ne volais pas de mes propres ailes. J’étais financièrement dépendante de mes parents. Donc dépendante tout court. Mon adolescence, je l’ai vécue chez moi. J’ai eu le cadre que je devais avoir. Je n’ai jamais douté des garde-fou placés par mes parents. Je les ai contestés mais ils m’ont permis de me sentir en sécurité.

Et puis, progressivement, on prend notre indépendance. J’ai quitté le foyer en même temps que j’ai quitté ma ville. J’ai fait les quatre cents coups, vécu diverses expériences. J’ai du grandir d’un coup. Me prendre en main et gérer ma vie. Les premières années ont à la fois étaient un fiasco et à la fois, elles m’ont construites telle que je suis aujourd’hui. Bien plus que les 20 premières années de mon existence. 1ère révolution de la vingtaine : l’émancipation.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Comme tout le monde, j’ai découvert la vie professionnelle. J’ai fait le choix de travailler dans une grande entreprise. Avec ses codes et ses coutumes. J’ai eu de nombreux collègues, plusieurs chefs… Je me revoie au tout début. Timide. Me sentant en permanence illégitime parce qu’incompétente. N’osant pas contredire untel parce qu’il avait un an d’expérience de plus que moi. Là encore, que de changements ! Je ne me  qualifierais pas de meneuse. Je ne suis toujours pas grande gueule. Mais quand il y a un désaccord, je n’hésite plus à le dire. Et je sais que c’est mieux pour tout le monde. 2ème révolution : l’entrée dans le monde du travail.

Et puis, dans ma vingtaine, il y a un dernier élément qui m’a profondément transformée. La maternité. L’évènement qui fait dévier la lumière du prisme à travers duquel tu regardes la vie. Certain(e)s veulent faire croire que l’arrivée d’un enfant n’a pas changé leur vie. Ce discours m’horripile parce que je le trouve menteur. Certes des adaptations sont toujours possibles. Mais avant, j’étais égocentrée et je trouve ça normal. Le centre de mon univers, c’était moi. Et du jour au lendemain, ce centre s’est carapaté pour investir un petit être complètement dépendant de moi. Et je ne conçois pas qu’il puisse en être autrement pour une autre femme. Peut-être ai-je une vision trop réductrice ? Toujours est-il que la naissance de mon 1er fils a été ma 3ème révolution.

Tout ça, j’en ai pris conscience en un soir. Quelle claque !

Mais ça a été aussi un vrai soulagement. Vois-tu, il y a quelques années de ça, une amitié à laquelle je tenais beaucoup s’est étiolée. Il y a un, elle a finit brutalement et ça m’a fait mal. Et maintenant, quand je vois tout le chemin que j’ai parcouru, tout ce qui s’est construit pendant ma vingtaine,  je me dis que j’ai nécessairement beaucoup changé. Mais l’autre, de son côté, a également parcouru son chemin, a également eu besoin de grandir vite et fort. Alors, ce soir, c’est un peu comme si je m’étais dit « tout s’explique »

Et je comprends enfin cette phrase d’une prof de lycée que j’avais trouvée à l’époque sibylline : « 20 ans c’est pas si bien, il y a plein de tracas. Attendez 30 ans, c’est beaucoup mieux. » Et, au milieu de la famille que je construis tous les jours, dans mon travail dans lequel je m’épanouis, je me dis qu’elle avait fichtrement raison.

Et toi ? Tu as un avis sur la question ?

déplacement, maman travaille

Loin d’eux

La semaine dernière, j’ai pris le train. Quand il s’agit de vacances ou de week-end, on parle de voyage. Mais quand c’est pour le travail, le terme se transforme en déplacement. Et c’est comme ça que je l’anticipais. J’allais être déplacée loin de ma famille, loin de mon quartier. Et j’étais traversée de sentiments contradictoires. Une partie de moi exultait. 3 soirs seule. Tranquille. Sans cris, sans dispute. Une partie de moi se morfondait. 3 soirs seule. Tranquille. Sans mots doux, sans câlins.

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Mais j’ai la chance de travailler dans une entreprise qui a à cœur de proposer des formations de qualité à l’ensemble de ses salariés. Je ne vais pas me plaindre ! Je suis donc partie dans le grand nord pour apprendre mon métier pendant quatre jours, laissant mari et enfants. Ma belle-mère est venue en renfort, surtout pour le mercredi où normalement je gère les enfants.

ça n’a pas été facile pour les enfants. Ils sont tous les trois (oui, TOUS LES TROIS !!!!) dans une phase maman. C’est maman qui doit préparer le biberon. Maman qui coiffe. Maman qui habille. Maman qui fait des câlins… Leur père ne peut rien faire et il perd régulièrement patience. Par conséquent, j’appréhendais beaucoup l’effet de mon absence sur notre organisation familiale. Et vous savez quoi ? Certes, ça a été difficile, mais surtout ça s’est bien passé ! Leur père a pu s’occuper d’eux. Je n’étais pas là, ils savaient fort bien qu’il était inutile de râler « non, c’est maman ». Alors c’est lui qui a lu l’histoire du soir, préparé le biberon du matin… Bien sûr que les enfants m’ont réclamée. Mais la magie de whatsapp fait que j’ai pu les voir tous les jours en vidéo (et même plusieurs fois par jour) et nous comptions ensemble les dodos qui nous séparaient des retrouvailles.

Alphonse a été malade cette semaine. Une petite gastro a priori. Sur le coup je m’en suis voulu de ne pas être là. Mais en fait, c’était plutôt sympa de ne pas nettoyer son vomi et de laisser sa grand-mère le garder quand il était trop fatigué pour aller à l’école.

De mon côté j’ai eu quatre journées chargées. Je rentrais le soir la tête pleine de toutes ces nouvelles choses que j’essayais d’apprendre et de maîtriser. ça m’a un peu rappelé l’école, et j’adorais l’école. (bon juste un peu. Les apprentissages de la vie pro sont quand même bien plus légers et s’inscrivent davantage sur le long terme, on est bien d’accord !)

Tous les soirs, la formation finissait à 17h30. Ce qui veut dire qu’à 18h, j’étais dans l’hyper centre, sans aucune contrainte. Quelle joie ! Quelle liberté ! Mes trois soirs, j’ai fait peu ou prou la même chose : 30 minutes de boutiques, puis resto ! J’aurais pu appeler 30 minutes de shopping, mais en fait je n’ai quasi rien acheté. J’ai beaucoup regardé les vitrines, suis rentrée dans quelques magasins mais mes achats se sont concentrés au Furet du Nord : j’ai ramené un livre à chacun de mes enfants et un sac à dos pour Alphonse qui en avait bien besoin.

  • Pour Alphonse, j’ai choisi le Secret du Rocher Noir. L’histoire d’une petite fille qui rêve d’aller en mer et de découvrir ce qui se cache derrière la terrible légende du rocher noir. Une belle histoire, avec des dessins magnifiques et un message écologique.
  • Pour Ernestine, le Gang des Affreux des mêmes auteurs que Gruffalo. Il paraît que certains définissent le gnou, la hyène tachetée, le vautour oricou, le marabout et le phacochère comme les cinq animaux les plus laids d’Afrique. Mais ces derniers ne le sont pas aux yeux de leurs enfants ! Encore un beau message, avec un vocabulaire bien fourni.
  • Pour Gustave, le roi Lion à écouter. Un livre musical où l’histoire est contée.

Ces trois livres ont une beaucoup de succès et je te recommande chaudement les deux premiers.

Et quelle joie de voir les sourires illuminer leur visage quand je rentre. Les voir se précipiter dans mes bras. Les entendre répéter en boucle « maman », en prenant à peine le temps de respirer.

Alors, très franchement, quand ils restent occasionnels et bien organisés et que nous trouvons l’organisation familiale qu’il faut, je l’avoue : j’adore mes déplacements.

 

cure de raisin, rentrée

Un peu de raisin ?

Cette année, comme toutes les années (où je ne suis pas enceinte et n’allaite pas…), j’ai fait une cure de raisin. Et je me suis aperçue que nombreux étaient ceux qui ne connaissaient pas. Alors j’ai eu l’idée de cette article, pour répondre à toutes les questions qui m’ont été posées.

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Qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, c’est une période pendant laquelle on ne mange que du raisin. Exclusivement. Au petit-déjeuner ? Du raisin ! Une petite collation ? Du raisin. Etc. Pour varier, toutes les variétés de raisin sont des options. Chasselas, muscat, italia, lavallée… Et la seule exception possible quand on veut changer de goût : le jus de pomme (100% pur jus évidemment)

Pourquoi ?

Toute l’année on mange un peu de tout. Notre corps accumule différentes toxines. Le but de ce type cure est donc de nettoyer notre organisme. C’est en tout cas ce que j’avais lu lors de ma première cure, il y a environ 10 ans.

Combien de temps faire durer la cure ?

Le plus souvent, je fais une cure d’une semaine. J’ai lu qu’un minimum de trois jours était nécessaire, ce qui correspond au temps que notre organisme met à remplir intégralement notre intestin. Il me semble qu’après trois semaines, ça peut devenir dangereux. Le raisin a beau être un fruit fabuleux, il ne contient pas tout ce dont notre corps a besoin !

Mais on n’a pas faim ?

L’idée n’est pas de se restreindre : quand on a faim, on mange. Quelle que soit l’heure. Donc non, je ne souffre pas de la faim. Assez vite, je me suis rendue compte qu’en dehors des heures de repas classiques, j’avais besoin de manger le matin à 10h et l’après-midi vers 16h. Je me déplace donc toujours avec quelques grappes de raisin pour compenser toute fringale. Par contre, il est vrai que la monotonie des repas peut devenir lassante.

C’est efficace ?

Sur internet, on peut lire toute sorte de chose. On sent un mieux être immédiat, la fatigue disparaît… Je n’adhère pas du tout à tous ces résultats miraculeux. Très franchement, je n’ai jamais remarqué d’améliorations notables de mon état physique. Mais je me dis que ça ne peut pas me faire de mal. Sur une vision long terme, je ne peux qu’être gagnante. Et une semaine par an, ce n’est quand même pas grand chose.

Les seuls points indiscutables sont l’effet purge et la perte de poids : en une semaine, j’ai perdu pas loin de 3 kg ! Cette cure n’est pas un régime, et ces kilos je sais que je vais vite les reprendre (si seulement, 1 pouvait être vraiment perdu dans l’histoire, je ne dirais pas non non plus 😉 ) Mais cette perte de poids se fait en douceur puisque je ne ressens aucun effet négatif telles que la fatigue ou la faim.

Et la vie sociale ?

Et bien, je dirais que ça dépend beaucoup de l’entourage d’une part et du planning d’autre part. Il est évident qu’il vaut mieux ne pas planifier une cure alors qu’on est invité(e) à un mariage ou autre festivité. En revanche, manger du raisin n’empêche pas de voir ses amis, prendre un verre (de perrier) ou faire du sport (de façon modérée).

Pour l’entourage, j’ai rencontré de tout : ceux qui trouvent ça très intéressant et se disent « pourquoi pas », des curieux qui posent plein de questions… et des désagréables qui, au choix, me prennent de haut « mais c’est n’importe quoi ce que tu fais ! » ou me répètent en boucle « oh là là, je ne sais pas comment tu fais… Moi je ne pourrais pas… t’es sûre que tu veux pas goûter un gâteau ?! » C’est vrai que si tu es entouré(e) de désagréables, la cure peut vite devenir un calvaire. Mais dans le cas contraire, je trouve ça plutôt simple à faire !

Le plus dur : la phase de reprise

C’est ce que je trouve le plus compliqué à gérer. Après une semaine à n’avoir mangé que du raisin, hors de question de faire un repas raclette. Pour reprendre une alimentation normale, il faut y aller progressivement, alors qu’au contraire tout me fait envie ! Voici ce que je fais :

  • jour 1 : je mange des fruits et légumes, en plus du raisin toujours en quantité importante (jus d’orange, tomate, courgette vapeur…)
  • jour 2 : je rajoute un peu de matière grasse dans mes préparations de légumes (huile d’olive) et des laitages maigres (yaourt nature) ainsi que le pain.
  • jour 3 : retour des féculents
  • jour 4 : retour des protéines (poisson ou viande blanche) et du fromage
  • jour 5 : c’est reparti comme avant !

Et toi ? Tenté(e) par une cure de raisin ?!